Souvenirs d’un ancien chasseur de la classe 36 (1)
(texte intégral)

Texte aimablement confié à la rédaction d’Aiguilledumidi.net
par André Brandicourt en août 2003
et complétant l’interview qu’il nous avait accordé.

Illustrations : Photos de la Collection Brandicourt

Philippe Beuf et André Brandicourt
Notre correspondant avec André Brandicourt en Gare des Pélerins

Un peu d’E.H.M. avec le capitaine Pourchier.

Qui d’entre nous ne gardait pas précieusement dans sa poche le sympathique télégramme lui accordant une prolongation de permission accordée-Pourchier et n’oublions pas le traîneau du même nom, célèbre dans toutes les Alpes. Souvenir des " reprises en mains " de la section qui avait un peu abusée des autorisations de se mettre en civil accordées pour aller jouer au golf ou au tennis ou danser à " l’Outa " et qui consistait, ô suprême punition, à marcher à pied jusqu’à Argentières ; Heureusement, Paul Payot nous ravitaillait avec des bouteilles de whisky de la Pâtisserie des Alpes, bues au goulot à chaque pause. Le retour était plutôt gai et les chansons plutôt lestes. Le répertoire de corps de garde mis au point par le toubib Minko, devenu le célèbre professeur Minkowski, souvent vedette du petit écran, avait plus de succès que la Tyrolienne ou la Sidi Brahim.

Chamonix dans les années 30. Le calme règne

Le vélo type dame avait été interdit aux chasseurs dans les rues de Chamonix, dignité militaire oblige, notre Banban national, Bernard Burnet, pris en flagrant délit d’usage par le capitaine Pourchier lui avait rétorqué pour se disculper, " mais mon capitaine, c’est le vélo du curé " et de rire.

une grande école de courage

Mais l’E.H.M. c’était le prestige et les applaudissements nourris du populaire lorsque nous défilions martialement derrière notre fanfare dont les corps de chasse rutilant nous entraînaient à 135 pas minute sur les Champs Elysées pour le 14 juillet ou à Versailles en 1939 devant le roi et la reine d’Angleterre ou encore sur le champ de course à Lyon. Skis sur l’épaule droite, bien alignés, bâtons dans la main gauche, sacs tyroliens bourrés de papier journal, crampons et piolets pointant hors du sac, nous avions fière allure derrière notre fanion bleu frappé du rocher E.H.M.

La vie militaire à l’Ecole, à cette époque, c’étaient aussi les courses en montagne et les grandes randonnées en ski, les stages d’officiers dont nous assurions l’enseignement ski et alpinisme, l’essai du matériel prototype et sa présentation aux délégations étrangères. C’était les balbutiements des fixations de sécurité, absolument pas au point, qui nous obligeaient souvent à redescendre sur un seul ski, l’autre ayant choisi la liberté dans la pente ; et que dire du mousqueton en travers du sac qui vous sonnait la tête à chaque bûche ! Petit tourment dans l’allégresse de la neige vierge dominée par les aiguilles, sentinelles du massif aimé et admiré que nous allions être sensés défendre très bientôt.


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