L'accident du Kangchenjunga (24 janvier 1966)
(par Philippe BEUF)

 

24 janvier 1966 : seize années après le crash du Malabar Princess, la compagnie Air India perd un second avion de ligne et paye un tribu supplémentaire de 117 morts dans le secteur des rochers de la Tournette, non loin du sommet du Mont-Blanc.

Cette route aérienne (Bombay-Beyrouth-Genève-Londres) est-elle maudite ? Le massif du Mont-Blanc scelle brutalement, à seize ans d’intervalle, la vie de 165 personnes.

Le Mont Blanc 4812 mètres
Le Mont Blanc : un obstacle deux fois meurtrier pour Air India

A 08h10 en ce 24 janvier 1966, le Kangchenjunga, un Boeing 707-437 immatriculé VT-DMN vole à 6200 mètres d’altitude en provenance de Beyrouth et commence sa descente vers Genève-Cointrin, sa seconde escale.

Soudain, les contrôleurs aériens perdent brutalement la position radar du Boeing indien. Très rapidement, un important dispositif de secours est mis en place. En seize ans, les moyens de sauvetage en montagne ont bien évolué. Les autorités compétentes de la protection civile sont équipés d’hélicoptères " Alouette " particulièrement bien adaptés au vol stationnaire en haute montagne. Prévenus par la tour de contrôle de Genève—Cointrin que le Boeing 707 n’est pas arrivé et n’arrivera plus nulle part, les autorités déclenchent les vols de reconnaissances malgré une météo difficile.

A Chamonix, les guides et les sauveteurs du PGHM sont sous le choc, se souvenant de la tragédie du Malabar Princess et du tribu payé par la Compagnie des Guides. Comble du destin, c’est le guide chamoniard Georges Payot, fils aîné de René Payot, ce dernier mort pendant la tentative de sauvetage du précédent crash d’Air India, qui dirige les opérations de recherche par une température de —25° et sous un vent glacé qui souffle à plus de 80 kilomètres heure.

Dans la zone de la collision entre l’avion et l’arête terminale du Mont-Blanc, c’est un spectacle de cauchemar qui s’offre aux sauveteurs.

Dans ses soutes éventrées, au milieu des débris disloqués sur plus de 500 mètres, les sauveteurs retrouvent des cadavres de singes destinés à des laboratoires, mais des 117 passagers et membres d’équipage, il ne subsiste plus rien de vivant. Malheureusement, la violence de l’impact de l’avion avec la montagne à été tel qu’aucun passager ni membre d’équipage n’a pu survivre.

Comme lors du crash précédent, aucune enquête officielle ne pourra expliquer de façon formelle les circonstances et très rapidement des rumeurs se mettent à courir. Serait-ce une collision avec un appareil militaire Italien, voire un attentat visant un certain passager de ce vol, Homi Bahabha, père du programme nucléaire indien ?

Stoppé en pleine course
Les restes de l'un des réacteurs du Boeing 707 d'Air India

A 4800 mètres d’altitude, le mystère demeure entier et comme pour nous en rappeler la tragédie, le glacier des Bossons n’en finit pas de cracher des débris tordus des deux avions de la compagnie meurtrie.

Le Glacier mangeur d'avions
La lente reptation du glacier des Bossons, seracs ouverts



Le Boeing 707, l’avion de ligne des années soixante.

Le Boeing 707 est un avion de ligne long courrier fabriqué à Seattle (USA) par la firme Boeing Aircraft Corporation. Il est propulsé par quatre turbo réacteurs Pratt et Witney.

La version 400 livrée à Air India qui s’est écrasé le 24 janvier 1966 dans le massif du Mont-Blanc était équipé de quatre turbo réacteurs Rolls Royce Conways.

Le première compagnie qui s’équipa de 707 fut la PanAm en octobre 1958. Bien que le 707 ne fut pas le premier avion de ligne à réaction, il fut le plus populaire, près de 1000 unités furent vendues et équipèrent la plupart des compagnies aériennes du monde entier.

D’une vitesse de 927 kilomètres heure, d’un plafond opérationnel de 11340 mètres, le 707 pouvait emporter 141 passagers et 4 membres d’équipage dans des conditions optimales et raccourcir considérablement les distances.

C’était un avion aux dimensions imposantes pour l’époque, envergure 43,41 mètres, longueur 46,60 mètres et hauteur de 12,67 mètres.

Des versions militaires radar et ravitailleur en vol (KC-135) furent aussi développées pour l’US Air Force.

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